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 La vie de Frère Nicolaide

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MessageSujet: La vie de Frère Nicolaide   Lun 22 Jan 2007 - 20:03

Frère Nicolaïde

Chapitre I

De la vie mouvementée de frèreNico de sa venue au monde à la renaissance du royaume

"Ta vie commence en Normandie vers la fin du XIVème siècle, dans une bourgade de quelques centaines d'habitants tenue par un petit seigneur. Ce seigneur était ton père. Il était très croyant et soucieux d'avoir une bonne place au ciel, il disposait de nombreux fidèles et amis écclésiastiques. Ces mêmes prélats avaient une influence importante sur les souhaits de ton père, ils soufflèrent notamment aux oreilles de ton père de faire de son deuxième fils un oblat. Cet oblat, âgé seulement de quelques 7 printemps s'était toi : Nicolaïde fils du seigneur Normand Robert Tesson lui même descendant du duc défunt Guillaume-longue-épée. Ton frère cadet étant destiné à succéder à ton père à la seigneurie, il décida de te donner comme oblat à un monastère Bénédictin près de Sens pour te voir échapper à une éventuelle invasion anglaise en Normandie, mais aussi pour lui assurer son salut."

Voila les seules informations que le père abbé de l'abbaye Sainte-Blanche me concéda sèchement sur mon enfance, à défaut de ma mémoire. Je passais ainsi la grande partie de mon enfance comme oblat au monastère à lire et étudier les saintes écritures, à prier, et à apprendre à ne pas succomber aux pechés de ce bas monde. Arrivé à un certain âge, j'entrai dans le noviciat. Il faut avouer que le père abbé Denis ne m'aimait guère avec mes questions impertinentes et mon impétuosité, il m'octroya donc comme maître le débauché frère Konrad.

Frère Konrad était originaire du Saint empire Germanique, il était gros comme un pourceau, complètement ahuri et incompréhensible par son accent très prononcé. Il avait tous les défauts qu'un moine puisse avoir, et j'étais intimement persuadé de relations ineffables qu'il aurait eu avec une manante du village voisin. Par chance, ce balourd avait la charge par le père abbé d'assistant bibliothécaire. En effet le père abbé ne sachant que faire de lui et voyant son inculture totale décida de lui faire fréquenter un peu plus les couloirs de la bibliothèque. Ce n'est certes pas frère konrad qui me poussa à dévorer des dizaines d'ouvrages, mais le fait de fréquenter l'imposante bibliothèque de l'abbaye sainte-blanche dont les ouvrages recueillis venaient des quatres coins de l'Europe chrétienne et même au delà ! Ma curiosité allait de paire avec le vaste nombre de rouleaux de papyrus et de codex en tout genre, et sans oublier les nombreuses versions de la Septante. Je profitai des siestes de mon maître pour assouvir cette soif de savoir. Un auteur me resta inoubliable : Guillaume d'Ockham. Son sens de l'intuition était colossal, il cherchait simplement la vérité, voila ce qui me plaisait ! Ma vision de l'Eglise et de la vie changea radicalement. Sorti de mon noviciat je pris la place de frère Dronad que l'on retrouva mort affalé sur la table lors d'un repas, consultant de plus en plus d'ouvrages notamment des hagiographies sur François d'Assise, les textes étonnant de Françis Bacon s'appuyant sur sa logique implacable, ou encore des textes antiques comme Hérodote ou Aristote. J'avais acquis une verve et une connaissance théologique importante, me lancant dans de sulfureux débats avec de nombreux frères.

En effet au début du XV, l'Eglise s'engrossit, le pouvoir la corrompt, en voyant mes frères amassant des sommes considérables sans bouger leurs ventres gras, passant la grande partie de son temps à compter leurs trésors, priant de temps en temps et recopiant des textes. Tout cela sans penser le moins du monde aux misères du monde extérieur, à la guerre qui déchire les sujets Français aux perfides Anglais, aux nombreuses pestes et famines qui se déclenchent dans tout le royaume.

1415, les rumeurs comme quoi Henri V, roi d'angleterre, aurait débarqué en Normandie se précisent et s'affirment. Deux ans plus tard, j'apprend la prise de Caen par Henri V malgré une vive resistance des seigneurs locaux. Un cousin était venu me voir à l'abbaye pour me prévenir, m'indiquant au passage que ma famille avait été décimée par les troupes d'Henri, mon père, mon frère étaient mort sur le champ de bataille, ma mère, elle, était morte de chagrin. 1419, Rouen est tombé, toute la Normandie est aux mains des Anglais.

Acquis à la cause Franciscaine, je fais tout pour que le père abbé me chasse du monastère, je réussis tant bien que mal. Je me retouve livré à moi même à Sens en pleine guerre de cent ans. "Foi,espérance,Charité" était ma devise en ces temps troublés, j'aidais sans compter. J'ai travaillé un temps dans une maison de charité, vivié de pestiféré, de lépreux et de soldats mutilés par la guerre. Ayant un forte connaissance théologique, je décide de me faire ordonner prêtre par l'éveque de Sens. 20 années à donner de ma personne et faire office de curé dans une petite paroisse de campagne. Entre temps, j'était rentré dans le couvent franciscain de Sens, petite communauté mais très actif surtout dans cette période. Les Franciscains avaient la ferveur populaire avec eux et effectuaient des actions forts louables, cependant la décadence les frappa. Leur idéal premier de pauvreté commença à s'émiétter, Saint François était loin.

En 1440, alors que le roy Charles VII est attaqué tant par les anglais que par son propre fils, je suis obligé de fuir Sens pour me diriger, accompagnée de quelques frères franciscains, vers Paris. Paris repris récemment par notre bon roi gràce aux précédentes actions pour le royaume de la divine Jeanne. C'est pendant cette période que je fis connaissance d'un homme saisissant de culture et d'intelligence, nos idées étaient proche et se trouvait être franciscain. J'appris après d'âpres discussions qu'il était doyen de l'Université de Paris. Raoul de Bègre était son nom. Raoul était âgés et fatigués de la vie et de ses étudiants, selon lui l'Université de Paris avait perdu de son prestige d'antan. La présence Anglaise avait envenimé le fonctionnement du corps universitaire. Il me proposa un rôle de professeur de sciences historiques à l'Université, mais aussi pour redonner un coup de fouet à cet illustre corps.

Raoul commençait à perdre la tête tel Charles VI, la folie devint de plus en plus frappante. Les étudiants s'en donnaient à coeur joie pour le destabiliser et pour glousser de l'incohérence de ses propos. Il me demanda, un jour qu'il était dépité, de le remplacer à la tête de l'Université. Il se trouve que j'ai accepté. Je reste jusqu'à responsable de l'Université et accompagné d'illustres professeurs tant en arts libéraux qu'en grammaire, bien que j'ai délégué certains de mes pouvoirs à d'autres pour mieux administrer le corps Parisien.
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MessageSujet: Re: La vie de Frère Nicolaide   Lun 22 Jan 2007 - 20:04

Chapitre II

Du retour de frèreNico en Champagne, et de la création du couvent franciscain

En 1450, le royaume renaît de ses cendres, le roy et sa nouvelle armée royale reprend possession de nombreuses terres. L'évêque de Sens, un ami que j'ai connu en étant frère avec lui au couvent, me propose un mission d'évangélisation. En effet, après les destructions de la guerre, le christiannisme a reculé laissant appraraître de plus en plus de cas de paganisme. Je serains installé un peu plus au nord, dans un village rebaptisé Sainte-Ménéhould lors de la rennaissance du royaume. Je pars donc seul dans ce modeste village de Champagne feint d'une mission évangélisatrice.

L'inexistence d'un prieuré Franciscain me donna l'idée de sa fondation, des fidèles me suivèrent peu à peu dans la voie de la pauvreté..

A l'heure ou j'écrit, je me rend compte que je ne suis pas non plus à l'abri des péchés de ce monde, et je vois que je m'éloigne peu à peu de l'idéal originel. Hélas je commence à me faire vieux, et je peux vivre que de mendicité. Ainsi j'achetai deux champs de maïs que des convers s'occupaient de mettre en valeur ces terres. Cependant je reste entièrement dévoué aux démunis et aux lépreux, avec l'aide de mes frères et fidèles j'essaye de me faire entendre des seigneurs pour sauvegarder la justice.

Récemment, un ami cher m'a alerté d'une grande nouvelle, la Normandie est peu à peu reconquise par le roy, Caen est repris le 24 Juin 1450, Cherbourg le 12 aout. L'espoir m'envahit, je ne sais pourquoi mais la Normandie fût toujours présente en moi et il me tarde de la rejoindre. La terre de mes ancètres est enfin délivrée du mal ! Néanmoins Sainte Ménéhould va me manquer et tous les amis qui m'ont été cher.

13 Février 1451, j'ai quelques 60 ans derrière moi, une barbe blanche broussailleuse, des traits du visage marqués par le temps m'occupant toujours de l'Université comme je peux, partant souvent en retraite spirituelle par pénitence et pour retrouver la source.
Les Anglais commence à refaire parler d'eux, je ferais tout défendre ma communauté face à ces pillards, je m'implique un peu plus en politique mais en n'oubliant point de rester proche du peuple. Voila, le soleil se couche, ma plume s'arrète.

Chapitre III

De son installation en Normandie, terre de ses ancètres.

An de gràce 1453. Deux années denses et pleines de surprises viennent de se dérouler. Et je m'en vais vous raconter ces évènements récents qui ont bouleverser les royaumes. Je reprend donc mon histoire à Sainte Ménéhould, suivant ainsi la mission d'évangélisation et reconquète.

Un soir d'été, alors que je m'occupais de la cuissons de mes pains de sègles (un four à pain que j'avais acquis récemment), un messager de mon ami franciscain frère Poliskov vint me prévenir de l'imminence de la libération de la Normandie. Les bonnes villes Normandes s'émancipèrent une à une ; Dieppe, Lisieux, Fécamp, Honfleur, Bayeux, Avranches. La liesse était de mise chez les Normands. Dans mon humble habitat de Sainte Ménéhould aussi. Je préparais ainsi mon départ et donnait les dernières directives à mes amis. Après un brève passage à paris pour m'occuper de l'Université, j'arrivai enfin, après quelques jours de charette, dans cette fiers cité Normande : Avranches. Les Avranchais m'accueillèrent admirablement, me faisant oublier Sainte Ménéhould mais aussi cette pluie incessante. Une grande joie m'envahissais de retrouver cette terre où jadis mes ancètres avaient vécus, je fis quelques recherches tant qu'à leur destin mais je n'appris, à mon grand regret, rien de neuf. je fis donc définitivement le deuil de ma famille et rejoint ma nouvelle vie (a quelques 60 années de vie).

L'ordre franciscain continuait son chemin, essayant d'être toujours proche des principes de Saint François, car sa croissance pouvait éloigner certains frères de la vraie foi. Tant bien que mal, une réforme se fit pour s'adapter aux réalités du nouveaux royaume, en conséquence, de nouveaux frères se retrouvèrent au couvent suivant mes principes et ceux de Saint François. Bref le voyage de la vie allait sans peines et sans obstacles vers le but ultime de tout croyant : le salut. Je vous parle de cela car un évènement improbable brisa la monotomie de cette retraite en Normandie...

Chapitre IV

De l’extraordinaire histoire de son voyage en Angletterre, et de sa mort…

Après la rapide reconquète de mes compatriotes face aux Anglois, le pays était peu à peu libéré des chaînes Anglaises. Les Anglois se repliant dans leur île, la France était sauve.
Or, Un matin, par un temps pluvieux de Normandie, trois lourds chevaliers s'approchèrent de ma demeure. Sous une pluie battante, ils descendèrent de leurs chevaux cuirassés et se dirigèrent à ma rencontre. Quelle ne fût pas ma surprise quand j'aperçu, sur les écus de ces seigneurs, les armoiries royales ! Ils rèstèrent très courtois et aimable, me proposant sur ordre du roy une mission capitale. L'un deux, le seigneur de Roily me fît prendre connaissance de mon devoir : "Votre réputation vous précède frère Nicolaïde, le roy n'est pas resté insensible à vos faits et gestes. Tout occupé qu'il est à reconstruire le royaume, il ne peut se permettre d'envahir ses hostiles voisins, pour cela une paix doit être conclue à l'aide d'une ambassade. Après moult réflexions, le roy a choisit des hommes de Dieu des plus sages et respectables. Vous en faite partit frère Nicolaïde."

C'est ainsi que je me retrouvais embarqué sur une galère Normande à Barfleur en compagnie des personnalités les plus érudites et diplomatiques du royaume. Le voyage se fît sans encombre et plutôt même dans une joyeuse allégresse. Nous avions proposé comme lieu de rencontre, l'abbaye d'Hastings, symbole de notre ancienne conquète sur l'Angleterre et gloire Normande. Le roi et toute sa cour nous accueilla étonnament bien, avec courtoisie et sympathie. Il se trouvait que le pays était en pleine guerre civile et que le roi voulait résoudre le problème le plus rapidement possible. La journée était belle et l'abbaye lumineuse. Mais cette joyeuse escapade prit fin le soir même. Le roi en effet avait dissimulé une tenace rancune envers les français et particulièrement pour certains de mes collègues arrogants, qui avaient, lors de la rencontre clairement froissé le roi. Avant même le début du dialogue sur la charte de paix, les choses s'étaient envenimées. L'archevêque de Rouen, éminent prélat, fut retrouvé mort dans son lit le lendemain matin, il est vrai qu'il avait sorti une phrase foudroyante au roi Anglois : " Seigneur, tout roitelet que vous êtes, croyez vous vraiment que nous allions nous laisser envahir par vos barbares tels les Seldjoukides annexant Byzance ?" La diplomatie Française possédait en effet, quelques lacunes.

Le lendemain, il régnait un véritable contexte inssurectionnel, les uns accusant les autres de complots, les gardes s'attaquant aux autres gardes et les morts se multiplièrent. Le roi autorisa les diplomates français à retourner, la queue en quenouille, jusqu'à leur embarcation. Toutefois, il se trouve que je fît parti des morts, du moins on le croyais, et on le raconta à notre bon roi Charles VII.
Un mauvais coup sur la tête me fît partir dans les limbes de mes visions. Qui m'avait fait ça ? Je ne saurais répondre. Je me suis retrouvé quelques heures plus tard dans la salle de réception royale, en compagnie de roi et quelques nobles. Après le temps de reprendre conscience, une agréable discussion s'amorca entre nous. Il me prévint de la préparation d'une embarcation pour rejoindre ma patrie, mes collègues me croyant mort, ils étaient partis sans moi. Il se trouve que le roi d'Anglettre connaissait certains de mes faits, il était très savants, et connaissait de réputation mes enseignements à l'université de Paris. Nous eumes diverses discussions, sur la scolastique par exemple ou encore sur l'autorité Pontificale. Quelques jours après, le roi tint promesse et me renvoya dans la patrie.

J'allais de surprises en surprises, la population apprenant ma mort, eu des réactions très fortes. Me rendant hommage, préparant mes funérailles et accusant les fourbes Anglais. L'ordre francisain était perturbé, ne sachant que faire dans ces moments de tourmentes. Ma venue en rassura plus d'un, et la vie reprit son cour habituel à Avranches. Mais mon histoire ne s'arrête pas là, loin s'en faut.
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MessageSujet: Re: La vie de Frère Nicolaide   Lun 22 Jan 2007 - 20:05

Chapitre V

De sa ressurection et de sa place auprès de Dieu

Une fois mes amis rassurés, ma petite vie à Avranches repris son cours. La rencontre de charmantes personnes m'amena bien du plaisir. Eulalie était une femme de caractère, Franche et décidée. Je ne fut pas surpris de la voir bourgmestre d'Avranches, qui d'ailleurs lui amena prospérité et paix pour plusieurs mois. Bref, ma vie suivait son chemin campagnard loin des grands troubles du royaume et de ses multiples péripéties. La situation du royaume était pourtant très positive, la reconquète allez très vite ; la Bretagne, la Bourgogne revenait à leurs tour sous le giron du roy de France, et bientôt d'autres provinces. Mais des difficultés internes succédèrent à l'obstacle Anglois. Les grands nobles du royaume s'accaparaient de plus en plus de pouvoir, dirigeant fierèment leur province. Ce régionnalisme naissant amena de gràves conflits entre la normandie et l'Artois, un homme, Charles II d'Artois, était au coeur d²'une guerre qui dura plusieurs semaines. L'intervention du roi de France arreta tout bellicisme entre les deux fiefs, même si des tensions stagnaient toujours, et qu'une guerre civile se déclencha en Artois.

Mais j'étais loin de toutes ces complications, Avranches étant légèrement excentrée. Je n'avais de plus, guère le temps de m'occuper de cet antagonisme de roitelet.

Car une autre visite de la plus haute importance bouleversa ma petite vie routinière.
Hissé sur son palaquin, accompagné de plusieurs gardes suisses et de nombreux écclésiastiques, un nonce apostolique était en vue d'Avranches. Le jeune berger Eudes, qui avait repéré au loin cet imposant cortège, m'avait prévenu de cette étonnante visite. Quel était donc le but de cette visite pontificale ? Je partie en bringue jusqu'à la cathédrale d'Avranches afin de les recevoir comme ils se doivent, se fut un grand honneur pour moi bien sur, mais j'étais en plein désarroi. Et quel ne fut pas ma stupéfaction de voir auprès de l'envoyé du pape, trois personnes que je connaissais bien. Des amis franciscains de longues dates. Frère Poliskov de Bretagne, personnage cocasse et désopilant, mais très grâve lorsque les dogmes de l'Eglise étaient entravées, les sodomites, Vaudois et autes hérétiques connaissaient sa réputation. Frère Brunon, qui s'était rapproché des princes du royaumes, faisant de lui un conseiller éclairé. Et enfin frère Nordebert, grand prêcheur
Franciscain qui parcourait les campagnes Françaises en appliquant les preceptes de Saint François, sa réputation l'avait précédé. Ces trois hommes vétues d'une robe blanche ceint d'une fine cordelette, s'approchèrent de moi avec émotion, ils avaient une grande nouvelle à m'annoncer.

"Mon frère, Dieu soit loué, nous sommes heureux de te revoir en si bonne santé. Ce qui n'est malheureusement pas le cas pour notre pauvre frère Blaise, paix à son âme. Mais nous ne sommes pas venus pour cela..."
Commença frère Nordebert

"Tu sais que la Papauté sort d'une grande crise ?" Poursuivit frère Brunon." La folie des papes a bouleversé l'Eglise chrétienne, et rien ne s'arrange avec les Turcs installés aux portes de Byzance. Cependant, les conciles écclésiastiques ont repris les choses en main. Le pape est affaibli dans ses fonctions, et le concile veut en profiter pour renouveller tous les cardinaux au sein de la curie dans un soucis d'efficacité. En réalité, ils cherchent à supprimer les anciens alliés de sa sainteté afin de réduire l'étendue de ses pouvoirs, ils veulent aussi en finir avec le népotisme et l'indolence régnant à la cour pontifical. Par différents rapports de force, la pape a cédé, et a du se convaincre de réaliser les desseins des conciles. Il envoya donc par monts et par vaux ses envoyés : les nonces apostoliques. Au royaume de France, récemment reconquis par Charles VII, il décida de renouveller 11 cardinaux parmis les plus sages et les plus pieux du ..."

"Et nous avons été choisis Frère Nicolaïde" Intervint frère Poliskov, ne pouvant retenir son exaltation.

"Nordebert, Poliskov, Martial d'Auvergne que nous rejoignerons sur le chemin de Rome, moi même et toi NicolaÎde" Continua frère Brunon. "Tu ne peux refuser mon frère, Dieu en a décidé ainsi, alors prépares tes affaires et rejoins nous au plus vite."

Et c'est ainsi que nous nous retrouvâmes sur le chemin menant à Rome. Notre voyage fut long et tumultueux. De violents débats de déclenchèrent entre nous, certains regrettant la perte de notre idéal originel au profit du pouvoir et de luxure. D'autres réagirent violent exaltant la grandeur de l'Eglise et la puissnce de celle çi. Après toutes ces semaines de voyage, nous étions fourbus, mais la vision de Rome, ville éternelle, et de la Basilique Constantine nous remplissa d'émotions diverses, allant de la béatitude à une piété intense. La rencontre avec le Pape fut des plus solennel, j'essayais de demeurer digne et humble devant le lieutenant de Dieu.
Après de nombreuses cérémonies, je pris enfin mes fonctions auprès de la curie. Le Pape vint par le futur me nommer principal chancelier, rédigeant ainsi les bulles pontificales diffusées dans toute l'Europe.
Mes réjouissances furent cependant de courtes durées, car ma rencontre avec certains cardinaux m'interrogea sur les réels compétences de ceux çi. Deux appartenaient à l'ordre dit Bénédictin, et par leur opulence et leurs mains baguées d'émeraudes et d'améthystes, notre entente semblait difficile. Nos idéaux étant tout bonnement contraires. L'archevèque de Champagne, appartenant à la conférie vénitienne de Saint Marc, était un prince puissant et régnait d'une main de fer sur ses terres. Son prestige et sa mondanité en faisait un cardinal éminent, mais il restait un homme apprécié et compétent. D'autres avaient le visage austère, une discipline rigide et prônaient un dogme inviolable. Ces cardinaux prédicateurs étaient redoutables envers les hérétiques.


Chapitre VI

De l’ineffable hérésie normande, et du vain soulèvement de frèreNico.

Quelques jours plus tard, chacun était rentré dans sa mansarde, fiers de leur titre. Mais, arrivé à Avranches, je vis une étrange procession qui traversait tout le village. Un mannequin de paille trônait au devant de ce cortège porté par quatre grands gaillards. Des chants religieux en patois Avranchais se fit entendre, des gens ronds comme des queues de pelles éructaient à pleine voix, et proféraient d'ignoble blasphèmes, et d'autres personnes imitaient grossièrement des prêtres mariant deux jeunes gens. Une centaine de personnes suivaient ce curieux cortège. Mais que se passait il donc ? Satan avait il pris possession des lieux ? Un colporteur m'expliqua la situation.

Suite au conflit entre la normandie et l'Artois, un noble Normand se fit particulièrement remarquer pour ses exploits et sa dignité : Robert le fouqua (autrement dit en patois dieppois : "le glorieux"). D'autant plus, qu'il fut tué par la main de Charles II d'Artois. La population Normande l'avait littéralement déifié, qui plus est, certains de ces anciens conseillers avaient manoeuvré la situation. Les raisons étaient nombreuses : Politique d'abord, ces conseillers avaient l'ambition de succéder à leur ancien maître, cette idôlatrie allaient clairement à leur avantage. Pour des raisons religieuses ensuite, le clergé français reprenait peu à peu de sa vigueur et pouvait géner le duc Normand peu enclin à partager avec l'Eglise. Certains érudits Normands avaient créé des rites et des pratiques propres à leur religion, une véritable liturgie se développa et tout une organisation naquit de l'imagination de ces rebelles
Cette position était aussi un moyen d'affirmer la supériorité et la suprématie de la province face aux autres fiefs du royaumes, de par son originalité et sa propre religion soumise au conseil et de par son émancipation à l'Eglise Romaine.
Une véritable provocation résulta de cette hérésie naissante.

Tout cela ressemblait fortement aux évènements du midi d'il y a eu deux siècles auparavant, menant à un conflits entre les barons du Nord catholique et ceux du midi, cathares et déclaraient hérétiques par le Vatican...

La situation se répétait. Les évènements se bousculèrent au Vatican et le terme de croisade vint à la bouche de nombreuses personnes. Des messagers venus des quatres coins du royaume arrivaient au Vatican pour apporter les messages de leurs maïtres au Pape. Les principaux princes du royaumes étaient furieux, tous rageaient contre l'insolence de Robert de Normandie, ils cherchaient alors des contactes étroits avec la Pape. La sainte ligue était née. Une congrégation de la sainte croisade fut ouverte au Vatican rassemblant de nombreux duc, comtes et autres connétables.
J'étais très présent au sein de cette congrégation, il faut dire que l'enthousiasme était à son comble, l'excitation autant plus. Jamais l'Eglise n'avait réussi un tel rassemblement depuis la septième croisade, la curie était en effervescence. Un noble Champenois prit les rennes de cette campagne militaire destinée à chatier les hérétiques Normands.
Mais les complications ne tardèrent pas à se montrer. Des divisions tant à la tenue de cette croisade se fit sentir parmis tous le impliqués. Certains étaient radicaux dans leurs positions, ne laissant pas de répits à la population normande, pourtant peu impliquée dans ce litige. D'autres commençèrent à élever la voix, cette croisade était devenue extrèmement impopulaire dans tout le royaume de France, surtout lorsque des visées politiques se sont liées à cette affaire religieuse. Bref, les cardinaux ne purent s'entendre amenant une ère de crise à la curie.

Une bulle de croisade fut criée dans toutes les paroisses, mais elle ne fut pas suivie ni soutenue tant les clivages au sein du Vatican étaient grands. Cette croisade fut un désastre. L'hérésie fouqua se régalaient de ces querelles, elle était ménacée certes mais son adversaire s'enlisait dans la discordre.
Mais peu à peu la petite noblesse normande se rendit compte de la grande duperie des autorités normandes, beaucoups se rangèrent au côté de l'Eglise tout en insistant sur une solution pacifique.

Ma position était prédominante en tant que Normand, et une alternative me vint à l'esprit. Pourquoi ne pas attiser les craintes de la population et les retourner contre le duc ? Devant l’horreur auquel je fus confronté dans mon propre village, je devais faire quelque chose. Après avoir envoyé une lettre au marquis de Tournebu, il me rejoint quelques jours plus tard au pied la Cathédrale d’Avranches. Escorté d’une troupe en arme, ce noble ami m’accompagna jusqu’à Rouen. L’objectif était clair, prêcher devant l’église saint-victor, lieu de rassemblement des badauds et proche du château ducale. Mais mes espoirs furent vaint, la corruption et leur idéologie perfide avait eu raison des Rouennais. J’ai du me défendre avec opiniatreté, mais rien n’y faisait la population était décidemment bien égarée. Une croisade allait s’abbatre sur leur territoire, et ils ne réagissaient toujours pas !
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